Friday, February 24, 2006

Septième partie

EXT. RUE. NUIT

Deux MILITAIRES, qui discutaient non loin de là, la voient et vont la rejoindre tandis que la voiture d'HENRI arrive et se gare dans la rue.

INT. BAR. LUMIERE ELECTRIQUE

Les deux MILITAIRES entrent.

LA MILITAIRE
Elles refusent de travailler!

Certaines FILLES partent se remettre à travailler précipitamment. LA TROISIEME FILLE et HELENE restent immobiles et se blottissent l'une contre l'autre. Les trois MILITAIRES les brutalisent et les séparent.

UN MILITAIRE (aux FILLES, furieux)
Mais on travaille bien, nous! Vous croyez peut-être que çà nous plaît de passer la nuit à vous surveiller? Vous n'allez tout de même pas vous tourner les pouces!

LA MILITAIRE
A chacun son rôle! Vous travaillez et on vous surveille! C'est dans l'ordre des choses!

EXT. RUE. NUIT

HENRI, en tenue civile, se déplace dans la rue. Les MILITAIRES le saluent et il leur sourit. Il regarde les GARÇONS travailler.

HENRI (à des MILITAIRES)
Ils sont efficaces?

TROISIEME MILITAIRE
Çà va... Il sont un petit peu lent...

HENRI
Vous leur faîtes aussi faire les trois huit en Cahichona?

QUATRIEME MILITAIRE
Tout dépend de la quantité de travail… Il nous arrive de leur faire faire les deux douze...

HENRI
Vous êtes parfois à cours de personnel?

TROISIEME MILITAIRE
Non, c'est rare!

HENRI
Pourriez-vous dans ce cas me trouver une équipe pour le parc deux heures tous les matins?

QUATRIEME MILITAIRE
Il n'y a pas de problème, mon commandant!

HENRI
Bien, merci!

HENRI regarde autour de lui. Dehors, il n'y a que des GARÇONS.

HENRI
Vous occupez les jeunes la nuit d'après ce que je vois. Ils ont l'air calme.

QUATRIEME MILITAIRE
C'est pas toujours le cas malheureusement! Cette nuit, se sont les filles qui nous créent des problèmes.

HENRI
Où sont-elles?

TROISIEME MILITAIRE
Ce sont elles qui sont dans les magasins...

HENRI (curieux)
Et où y a t'il des troubles?

TROISIEME MILITAIRE
Venez! Je vais vous accompagner!

Ils se déplacent vers le bar.

INT. TOILETTES. LUMIERE ELECTRIQUE

Les trois MILITAIRES forcent HELENE et la TROISIEME FILLE à nettoyer le sol. Il y a de l'urine sous les urinoirs, des boulettes de papier toilettes colées sur les murs et du vomi un peu partout.

LA MILITAIRE (à HELENE et à LA TROISIEME FILLE)
Eh oui, il faut vous rééduquer et vous réapprendre à travailler! Vous ne vous êtes encore jamais salies les mains, ma parole!

PREMIER MILITAIRE
Allez! Mettez un peu d'huile de coude!

HELENE et la TROISIEME FILLE sont furieuses et dégoûtées.

DEUXIEME MILITAIRE (à LA MILITAIRE)
On peut te laisser maintenant?

Les MILITAIRES sortent des toilettes.

INT. BAR. LUMIERE ELECTRIQUE

HENRI entre avec le TROISIEME MILITAIRE et croise les deux MILITAIRES qui sortaient des toilettes. Ces derniers saluent HENRI qui regarde les FILLES nettoyer le bar. Il a l'air surpris par le désordre.

DEUXIEME MILITAIRE
Bonjour, mon commandant! Ce n'est pas un endroit pour vous... C'est vraiment très sale, ici la nuit!

HENRI
Oui, c'est dégueulasse... si vous me passez l'expression...

DEUXIEME MILITAIRE
C'est pour cela qu'on les fait venir ici, mon commandant...


HENRI (dégoûté)
Ah oui, je peux bien comprendre que vous en ayez besoin!

Il y a un silence.

HENRI
Il paraît qu'il y a eu des problèmes?

Le PREMIER MILITAIRE désigne les toilettes.

PREMIER MILITAIRE
Oui, c'est dans les toilettes!

HENRI
Ah!

HENRI commence à se déplacer dans la direction des toilettes. Le PREMIER MILITAIRE essaie de le dissuader d'un geste.

MILITAIRE
Non, je vous le déconseille! C'est extrêmement sale!

HENRI se déplace quand même vers les toilettes et reste sur le seuil.

INT. TOILETTES. LUMIERE ELECTRIQUE

HELENE et la TROISIEME FILLE continuent à travailler sans se retourner. HENRI voit HELENE et la reconnaît.

LA MILITAIRE (fière)
Bonjour, mon commandant! Comme vous pouvez le constater, on les mène à la baguette!

HENRI se recule et sort du seuil de la porte pour qu'HELENE ne le voit pas après que la MILITAIRE ait parlé. Effectivement, on voit HELENE et la TROISIEME FILLE qui se retournent.

LA MILITAIRE (à HELENE et à LA TROISIEME FILLE)
Continuez à travailler, vous autres!

La MILITAIRE, intriguée, sort des toilettes pour rejoindre HENRI.

INT. BAR. LUMIERE ELECTRIQUE

HENRI prend les MILITAIRES à l'écart et parle bas afin de ne pas être entendu par les FILLES cahichonnes.

HENRI (aux MILITAIRES, mécontent)
Comment osez vous laisser des femmes nettoyer ces toilettes?

LA MILITAIRE
C'est dans l'ordre des choses... Ce sont des anifistes!

HENRI
Remplacez les par des hommes, je vous en prie!

LES MILITAIRES (surpris)
A vos ordres, mon commandant!

La MILITAIRE retourne vers les toilettes. Les MILITAIRES sortent du bar pour aller chercher deux GARÇONS. HENRI se déplace dans un coin où il est à peu près sûr de ne pas être vu par HELENE qui va sortir des toilettes.

INT. TOILETTES. LUMIERE ELECTRIQUE

La MILITAIRE entre. HELENE et la TROISIEME FILLE sont toujours en train de travailler.

MILITAIRE
C'est bon, vous pouvez disposer! Retournez faire le ménage dans le bar.

INT. BAR. LUMIERE ELECTRIQUE

HELENE sort des toilettes avec la TROISIEME FILLE. HENRI, ému, la voit et l'observe sans qu'elle s'en aperçoive. HENRI commence à se déplacer pour sortir du bar. HELENE le voit alors et s'étonne. HENRI la regarde intensément jusqu'à ce qu'il sorte.

EXT. RUE. NUIT

Plus tard, HENRI discute avec des MILITAIRES tout près du bar et jette parfois des coup d'œil vers HELENE qu'il aperçoit de loin. Il a un peu froid.

UN MILITAIRE
Vous devriez rentrer, mon commandant!

HENRI regarde sa montre. Il est minuit vingt.

HENRI (souriant et affectueux)
Oui, je vais y aller maintenant… J'ai apprécié votre compagnie. C'est bien de pouvoir se rapprocher parfois de ses hommes et de savoir ce que vous faîtes.

INT. APPARTEMENT. OBSCURITE

HENRI entre dans son appartement sans faire de bruit et va ranger son manteau. Il semble heureux et songeur. Il se déplace vers sa chambre.

INT. CHAMBRE. OBSCURITE

SOPHIE est en train de dormir dans son lit. Elle a laissé la télévision allumée. HENRI se déshabille, va s'asseoir sur le lit et regarde l'émission. C'est un HOMME chevelu qui tient un discours nationaliste. Il s'agit de LE PAYADEUR. Il gesticule et parle comme un hypnotiseur. Sa voix est suave, persuasive et lente. Il a l'air assez ridicule.

HYPNOTISEUR
…Dans le passé, nous avons redonné à notre magnifique Terre, beauté et intégrité. L'immigration anifiste a été enrayée. Tous les problèmes comme la violence gratuite ont miraculeusement disparu… Voyez comme tout est paisible désormais… Les anifistes étaient assurément des êtres à part, belliqueux et malsains, qui portaient en eux tous les maux de la société. Le magma cosmopolite ne mettra plus jamais en danger nos ambitions! Les complots ont été déjoués!

Plus récemment, nous avons étendu notre doctrine à l'Europe dont nous avons fait entièrement la conquête pour trouver un indispensable espace vital. Sur les sols anifistes, il a bien fallu faire la guerre et une ségrégation raciale afin de préserver la pureté de notre peuple. C'était inévitable! Les anifistes qui sont tous fondamentalement fainéants et pervers, auraient cherché par tous les moyens à se reproduire avec nos femmes. Mais heureusement, nous avons nifisé l'Europe sans leur laisser le temps de l'anifiser! L'Union Européenne était un grand mal! La déchéance rapide de ses membres en témoigne. Songez à l'Espagne!

Notre population nifiste est fondée sur le sang, la race et la culture… Elle est, par conséquent, supérieure à toutes les autres!

Anifistes, rappelez vous que je ne suis pas xénophobe mais niphistophile!

Mes chers compatriotes, bonsoir. N'oubliez pas que je vous aime par-dessus tout!

HENRI (ironique)
Sieg Heil !

HENRI hausse les épaules et éteint la télévision.


INT. CUISINE. SOIR

Le lendemain soir vers vingt et une heure, SOPHIE est en train de préparer des amuse-gueules. Il y a des toasts avec du caviar et des oeufs de poissons. HENRI entre dans la cuisine. SOPHIE lui sourit aussitôt.

HENRI (neutre)
Je meurs de faim.

SOPHIE (souriante)
Je t'attendais et j'ai préparé de quoi grignoter, mon chéri!

HENRI et SOPHIE commencent un peu à manger.

HENRI (songeur)
Sophie... Pourquoi?

SOPHIE s'inquiète. Elle se demande si son mari n'est pas devenu fou.

SOPHIE (inquiète)
Pourquoi quoi? Qu'est-ce qu'il y a?

SOPHIE reprend rapidement le sourire pour ne pas inquiéter HENRI mais celui-ci ne répond pas.

SOPHIE (souriante et entraînante)
Qu'est-ce que tu veux dire?

HENRI (hésitant puis s'énervant un peu)
Non, rien… Je ne sais pas… Je me pose des questions… Pourquoi j'ai ce rôle?… Pourquoi tu es ma femme…? Pourquoi les choses sont ainsi?… Tout ceci, çà ne tient pas à grand chose! Finalement, les choses auraient pu être autrement!

SOPHIE (réfléchissant)
Les choses sont comme elles ont, mon chéri… Si les choses suivent ce cours, ce n'est pas par hasard… La vie est une lutte perpétuelle et les plus forts s'imposent. Vivre, c'est être responsable et çà se mérite... Il y a ces anifistes qui sont de vrais boulets. On n'avance pas avec une société où les avis divergent sans arrêt… et quand les gens sont trop différents!… Il fallait que les choses aillent de l'avant et surtout dans le même sens. Heureusement que les choses se sont arrangées, n'est-ce pas? Tout va pour le mieux nous affirmait encore aujourd'hui Le Payedeur à la télévision!

HENRI (songeur)
Es-tu sûr de m'aimer?

SOPHIE semble extrêmement troublée et ne sait pas quoi répondre. HENRI quitte la cuisine.

INT. SALON. SOIR

HENRI est assis dans le fauteuil. SOPHIE entre dans le salon avec le plat et des verres de vin tandis qu'HENRI tourne la tête vers elle. HENRI voit HELENE à sa place pendant un instant. SOPHIE s'approche et il la dévisage étrangement.

SOPHIE
Voilà, je suis à toi…

HENRI (songeur)
Merci, c'est gentil…

SOPHIE
Tu as une bien étrange façon de me regarder…

HENRI reprend ses esprits.

HENRI (troublé, soupire)
Je sais… Je ne suis pas sûr, Sophie. Je n'ai plus aucune certitude…

SOPHIE, inquiète, pose les plats sur une table et s'assoit à côté de lui.

SOPHIE
Pas sûr de quoi?

HENRI
Qu'on soit fait l'un pour l'autre…

SOPHIE
Je m'y attendais… Bon alors, quoi?… Tu as rencontré une autre femme?

HENRI (soupire)
Tu n'y es pas… Et puis çà ne te regarde pas!


SOPHIE (énervée)
Comment çà, çà ne me regarde pas? Tu m'as fait venir en Cahichona pour m'épouser! Je m'en doutais que çà allait se passer!… Je le savais! Je ne peux vraiment pas te faire confiance… Alors, c'est qui?

HENRI
Il n'y a personne…

SOPHIE (sèche puis troublée)
Ben, voyons!… Soit! Alors où est le problème? Tu ne m'aimes plus?…

SOPHIE (émue et convainquante)
Mais l'amour n'est pas absolument nécessaire! De toute manière, il ne dure jamais longtemps. Nous nous respectons et nos intérêts sont communs... Pourquoi ne pas continuer puisque nous nous sommes mariés… Je suis enceinte!

HENRI (hésitant)
Tu as vraiment réponse à tout…!

SOPHIE
Et toi, tu n'as aucune confiance en toi! Je ne me pose pas autant de questions et je suis bien plus heureuse! Tu devrais regarder la télévision plus souvent! Le Payedeur le répétait encore hier : ayez foi en l'Etat!

HENRI se lève.

HENRI (exaspéré)
Mais je n'en peux plus justement! Je ne me sens pas bien!… Le système devient pourri! L'argent corrompt mes idéaux raciaux… Rien ne va plus! J'ai l'impression qu'il a autre chose de plus pur… Je n'arrive pas me l'expliquer… C'est un sentiment confus…

SOPHIE (rassurante et sûre d'elle)
Laisse moi faire. Je sais ce dont tu as besoin. Repose toi et regarde.

SOPHIE allume la télévision et HENRI, agacé, l'éteint.

HENRI (sec puis rêveur)
Non, c'est moi que tu dois regarder et écouter!… Rien n'a vraiment changé au fond… On a des libertés supplémentaires mais il y a toujours ce système répression qui nous harcèle… J'ai besoin de sentir que je suis libre… et tout en moi me dit : arrête!

HENRI se déplace vers la porte d'entrée. SOPHIE se lève et le suit.

SOPHIE (à bout de nerfs)
Et qu'est-ce que tu comptes faire? Me laisser? Nous sommes mariés… Veux tu briser nos deux vies? Pourquoi ne te contentes-tu pas de ce qu'on t'offre?

HENRI (troublé)
Il faut que j'essaie… Je veux savoir si je me suis trompé… Je suis désolé mais je ne peux pas résister! Laisse moi faire, je t'en prie!


INT. IMMEUBLE. NUIT

HENRI sort de son immeuble. Il est pressé et semble heureux.

INT. APPARTEMENT. SOIR

SOPHIE appelle PAUL.

SOPHIE (pleurant)
Allô? Bonjour, Marianne! Est-ce que je peux parler à Paul, s'il te plaît?

Il y a un silence.

SOPHIE
Bonsoir, mon général…

SOPHIE
Exactement, il vient de sortir à l'instant…

SOPHIE
Non… Il est parti tranquillement et ne se doute de rien.

SOPHIE
D'accord…

SOPHIE
Au revoir… Merci!

INT. VOITURE. NUIT

HENRI est au volant de sa voiture. Il écoute de la musique classique et semble savoir où il va. Il se dirige vers le ghetto.

INT. VOITURE. NUIT

PAUL est au volant de sa voiture et roule rapidement vers la préfecture.

INT. BUREAU. NUIT

PAUL entre dans un bureau d'espionnage. Il y a quelques MILITAIRES. Il s'approche de l'un d'entre eux qui est assis devant un ordinateur.

PAUL
Bonjour, comment allez-vous?

Le MILITAIRE le voit, se lève et salue son supérieur.

MILITAIRE
Très bien, merci!

PAUL lui tend la main et ils se la serrent.

PAUL
C'est pour tracer un signal GPS.

Le MILITAIRE tape sur les touches de son ordinateur et la question suivante s'affiche :

numéro d'identification du sujet?

MILITAIRE
Pouvez-vous m'indiquer le numéro, s'il vous plaît?

PAUL
Non, c'est confidentiel! C'est un officier…

Le MILITAIRE se retourne. PAUL tape un numéro et sur la touche "entrée". Un plan de la ville apparaît. Un point clignotant se déplace dans les rues.

PAUL (au MILITAIRE)
C'est bon…

Le MILITAIRE se retourne vers l'écran et regarde la carte.

MILITAIRE
…Il se déplace très rapidement! Il doit être en voiture.

Ils se taisent. Le point continue à bouger puis s'immobilise.

MILITAIRE
Il s'est garé près de l'entrée ouest du ghetto!

PAUL (perplexe)
Du ghetto?

EXT. RUE. SOIR

HENRI est garé dans une rue à l'extérieur du ghetto. Il ferme son poste de radio. La pluie se met à tomber. Il regarde vers le ghetto, tapote son volant et semble hésiter.

INT. BUREAU. NUIT

PAUL semble tourmenté et inquiet.

PAUL
Merci pour votre aide. Je suis pressé… Bon, j'ai pas le choix… Envoyez quelqu'un le surveiller! Je veux savoir exactement ce qu'il fait…

MILITAIRE
Entendu! Bonne soirée, mon général!

Le militaire salue  nouveau PAUL qui quitte le bureau.

EXT. GHETTO. NUIT

HENRI marche vers la place du ghetto. Il pleut légèrement. Il aperçoit la maison d'HELENE, regarde l'heure à sa montre (il est vingt deux heures). Il semble hésiter puis se déplace discrètement à l'abri des caméras vers une ruelle sombre.

EXT. RUELLE. NUIT

HENRI voit la roue tourner, des faisceaux lumineux et toutes les lumières du parc. HENRI regarde à nouveau sa montre, il est vingt deux heures trente. Il appelle SOPHIE.


INT. CHAMBRE. LUMIERE ELECTRIQUE

PAUL est dans son lit et est en train de discuter au téléphone avec SOPHIE. MARIANNE dort.

PAUL
…Vers le ghetto… J'ai envoyé quelqu'un l'espionner.

TELEPHONE (voix de SOPHIE)
Tu me tiens au courant, d'accord?

INT. CHAMBRE. LUMIERE ELECTRIQUE

SOPHIE est allongée dans son lit et son téléphone se met à clignoter.

TELEPHONE (voix de PAUL)
Oui, oui je te rappellerai…

SOPHIE (surprise puis souriante)
…Attends, il essaie de me joindre…

TELEPHONE (voix de PAUL)
D'accord… Laisse moi l'écouter…

SOPHIE (pressée)
Oui, bien-sûr!

SOPHIE touche un bouton de son téléphone.

SOPHIE (à HENRI)
Allô?

TELEPHONE (voix d'HENRI)
Sophie… Ne t'inquiète pas mais je vais rentrer un peu tard… C'est très important! N'en parle à personne! Çà va, sinon?

SOPHIE
Oui, çà va! Mais si tu m'expliquais?

HENRI a déjà raccroché.

TELEPHONE (voix de PAUL)
Allô, Sophie…

SOPHIE (troublée et émue)
Paul, ce n'est peut-être pas grave! Je m'en veux de faire çà derrière son dos…

TELEPHONE (voix de PAUL)
Non, il ne faut pas t'en vouloir… Tu as bien fait! On va pouvoir l'aider s'il a des problèmes… au cas où il devient déviant. Je vais tirer çà au clair très vite et tout rentreras dans l'ordre. Bonne nuit, Sophie…

SOPHIE
Bonne nuit, mon général! Et merci!

EXT. RUELLE. NUIT

Le ghetto hongrois est silencieux. HENRI se frotte les mains pour les réchauffer. Il jette un coup d'œil autour de lui puis sort de la ruelle. Il essaie d'éviter les caméras. Arrivé devant la maison d'HELENE, il s'assoit sur le perron et regarde la porte. Il jette un coup d'œil aux alentours pour s'assurer que personne ne vient ni ne le voit. Il attend un moment, s'approche de la porte et essaie d'écouter. Il pose sa main sur la poignée et hésite. Finalement il part et contourne la maison pour chercher la fenêtre de la chambre d'HELENE. Il regarde à l'intérieur et sourit. Il tape légèrement la vitre.

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